Isaure, Salomé et Julia, toutes les trois étudiantes, ont travaillé pendant deux semaines dans une école à Madagascar, soutenue par l’association Aéropartage. Une belle découverte...

Nous
survolons enfin l’île. Émues, intriguées,
impatientes, nous nous posons inlassablement les mêmes questions. Quelle allure aura cettemission ? Les élèves viendront-ils nombreux ? Seront- ils accueillants ? La population se montrera-t-elle bienveillante à notre égard ? Enrichie de récits,d’images récoltées au cours de l’annéepassée, Madagascar nous fascine déjà.
Célia Ernould, coordinatrice de l’association, nous attend à l’aé- roport et ensemble nous nous ache- minons vers Tanjondroa, village rural situé à 25 kilomètres au nord de Tananarive. Après une vingtaine de minutes sur la grande route, il faut bifurquer et emprunter un che- min sablonneux où des échoppes étalent de la viandede zébu, où des enfants jouent nu-pieds, et où un troupeau d’oies nous devance.
Nous sommes hébergées dans le centre de vie, bâti en 2009 et financé en grande partie par Aéropartage. Tout près de la maison, un préau est en cours de construction ; les habitants du village pourront à terme y recevoir des cours, et même découvrir des dessins animés qui seront projetés sur grandécran !
Certes, il faut s’habituer à l’absence d’électricité ainsi qu’aux douches froides ce qui n’est pas vraiment un moment de bonheur car la température l’hiver avoisine les 15°C et descend vite le soir venu , mais la maison demeure très plaisante. Les soiréesdans l’obscurité ne sont du reste pas dénuées de charme ; le village revêt un caractère fantastique : les aboiements enragésdes chiens, les bêlementsdes chèvres, les cris perçants des cochons parfois animent les rues et s’immiscent bien souvent dans nos rêves.
Le jour se lève vers 6 heu- res mais le chant du coq résonne déjà depuis quelques temps. Dès l’aube, tout le village s’active. Certains se sont même levés à
3 heures pour se rendre au mar- chéet tenterde vendre des fruits, des légumes, ou de la viande.
Nos cours de françaiset d’anglais débutent à 8 heures 30. Ils se tiennent à l’école primaire du village l’école d’Ambohinanjakana, la première semaine, et nous devrons ensuite nous rendre au col- lège de Iarinarivo, situé à 7 kilo- mètres de Tanjondroa. Nous avons chacune une classe de sixième, une dequatrième et une de troisième. Le premier jour, les élèves nous rejoignent dans la cour, souriants et volontaires. Certains ont fait plus d’une heure de marche pour ve- nir. Nous sommes vite intégrées, même si nous restons les « vazahas », les étrangères, les blanches.


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C’est la première fois que les collégiens côtoient des bénévoles –les autres missions étant effectuées auprès des élèves de l’école primaire. Tout d’abord quelque peu gênés, certains n’hésitent pas à participer dès le premier jour et, rapidement, nous sommes enthousiasmées par l’implication de certains élèves.
Nous souhaitons rendre les cours le plus vivant possible et multiplions ainsi les exercices ludiques : textes amusants pour travailler la grammaire et le vocabulaire, jeux de scène pour la prononciation, chansons en anglais… Les troisièmes seuls sont astreints à un rythme plus exigeant car il ne leur reste que deux semaines avant leur B.E.P.C. Pour le français, plusieurs points de grammaire tels que le discours direct et indirect sont à étudier et nous devons également nous concen- trer sur l’expression écrite. Les élèves sont très attentifs mais il faut insister sur les exercices pour vérifier que chaque point est bien assimilé. Il serait du reste presque vain de leur donner des devoirs car ils passent souvent le reste de leur temps dans les champs et se retrouvent dans le noir sitôt la nuit venue. |
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Nous finissons vers 15 heures 30 pour que les élè- ves ne rentrent pas trop tard chez eux –la nuit tombe vers 17 heures. Tous les après-midi, Annie et son amie Haingo- tiana, deux fillettes de onze ans, viennent arroser le potager du centre de vie et s’assoient ensuite tranquillement sur les marches pour lire des revues tandis qu’Isaure, Julia et moi préparons les cours du lendemain. Une dizaine d’enfants se tient parfois de l’autre côté de la grille du jardin, criant « bon- jour vazaha, comment vas-tu ? Comment t’appelles-tu ? ». |
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Devant nous, les rizières s’étendent à perte de vue. Le soleil est sur le point de disparaître, des nuées de moustiques vont bientôt surgir. Nous rentrons donc et, comme chaque soir, nous partageons nos impressions sur la journée. Deux se- maines, c’est très peu, mais nous espérons tout de même que nos cours seront utiles – aussi essayons-nous jusqu’au dernier moment de les peaufiner. Puis, inlassablement, nous évoquons les histoires que nous avons entendues comme celle de sor- cières appelées mpamosavy qui sortiraient la nuit, nues, pour jeter des sorts. Nous parlons de nos élèves, également, tous tellement attachants. Nous essayons de mieux cerner ce pays, que nous connaissons mal mais qui, d’emblée, nous a si forte- ment marquées. Entre ses nombreux rites, son dénuement et sa très grande convivialité, Madagascar est un pays saisissant.
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Salomé Jacob |
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Isaure de Izaguirre |
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Julia primault |
